Quand “je ne sais pas” n’est pas le vrai problème
« Il n’a aucune idée. »
C’est bien souvent la première phrase que j’entends quand un parent me contacte.
Derrière cette phrase, je peux retrouver de l’inquiétude, parfois de l’impatience, souvent un sentiment d’urgence.
Et pourtant, dans la majorité des cas que j’accompagne, le problème n’est pas obligatoirement l’absence d’idée.
Un ado qui dit « je ne sais pas » ne dit pas forcément « je n’ai rien en tête ».
Il dit autre chose. Encore faut-il savoir le comprendre, l’entendre.
Ce que les parents entendent… et ce que l’ado exprime vraiment
Côté parent, « je ne sais pas » peut-être interprété comme :
un manque de motivation
une immaturité
un désintérêt pour l’avenir
une forme de passivité
Côté ado, cette même phrase peut vouloir dire :
je n’ai pas le droit de me tromper
en fait, j’ai trop d’options, je suis saturé
je ne sais pas par où commencer
j’ai peur de décevoir
Autrement dit : le “je ne sais pas” est rarement vide. Il est souvent chargé.
Ce que je constate sur le terrain, séance après séance
Dans mes accompagnements, je travaille avec des ados très différents : bons élèves, élèves en difficulté, profils atypiques, hypersensibles, très rationnels, très créatifs.
Un point commun revient systématiquement : les ados qui “n’ont aucune idée” sont rarement ceux qui manquent de potentiel ou de curiosité.
En réalité, ils sont surtout :
bloqués par la pression
hésitants par rapport aux attentes de leurs entourages (réelles ou imaginées)
figés par la peur de mal faire
Quand je leur offre un espace sans jugement, sans échéance immédiate, sans obligation de résultat, les idées apparaissent. Pas toujours sous forme de métiers, mais sous forme d’envies, d’élans, de curiosités.
Et finalement c’est suffisant pour démarrer.
Les 4 causes principales derrière “je n’ai aucune idée”
1. La peur de se tromper
Beaucoup d’ados ont intégré l’idée qu’un mauvais choix serait irréversible.
Résultat : ils préfèrent ne rien dire plutôt que de dire quelque chose qui pourrait être critiqué, comparé ou invalidé.
Dans ce cas, ne pas savoir est une stratégie de protection.
2. La surcharge d’informations
Fiches métiers, salons, témoignages, réseaux sociaux, Parcoursup…
Les ados sont exposés à énormément d’informations, souvent sans cadre.
Trop d’options tue la projection.
Quand tout est possible, en fait, rien ne s’impose.
3. La confusion entre identité et orientation
Certains ados pensent inconsciemment que choisir une voie, correspond à définir qui ils sont.
Cette confusion est lourde à porter à 14, 16 ou même 18 ans.
Et donc ne pas répondre devient alors une façon de dire :
« Je ne suis pas prêt à me figer. »
4. Une relation parent-ado sous tension autour du sujet
Quand chaque discussion sur l’orientation devient un interrogatoire, un rappel du calendrier ou une source de conflit, l’ado se ferme.
Le silence n’est pas un désintérêt.
Ce sera plutôt une tentative d’apaisement.
Ce que “ne pas avoir d’idée” n’est PAS
Il est important pour moi de soulever qu’un ado sans idée n’est pas :
paresseux
irresponsable
en retard
incapable de réfléchir
Dans la plupart des cas, il est en attente d’un cadre sécurisant pour explorer.
Pourquoi chercher “la bonne idée” est une erreur
Effectivement, pour un certain nombre de parents il est nécessaire d’avoir l’idée ou le métier, la filière, le projet clair.
Or l’orientation ne démarre presque jamais par une idée claire.
Elle aura plutôt tendance à démarre par :
une curiosité
une expérience
un échange
une énergie
Dans mes accompagnements, je ne cherche pas l’idée. La première étape est de recueillir de l’intérêt, et chercher le mouvement.
Dès qu’un ado se remet en mouvement, même légèrement, le blocage tombe.
Ce que les parents peuvent faire (et éviter)
À éviter absolument
Multiplier les questions fermées : « Tu veux faire quoi plus tard ? »
Comparer avec d’autres jeunes
Mettre en avant les échéances comme une menace
Chercher à rassurer sans changer le cadre
À privilégier
Poser des questions ouvertes et légères
« Qu’est-ce qui t’intrigue en ce moment ? »
« Qu’est-ce que tu aurais envie d’essayer, juste pour voir ? »Autoriser l’exploration sans exigence de résultat
Séparer clairement le projet de la valeur personnelle de l’ado
Créer des temps de discussion sans objectif de décision
Un ado avance plus facilement quand il sent qu’il a le droit de chercher.
Le rôle clé de l’exploration
Il est précieux d’avoir en tête qu’Explorer, ce n’est pas décider.
Explorer cela veut plutôt dire : tester, observer, ressentir.
Les pistes d’exploration sont multiples : stages courts, rencontres, échanges, projets, visites, expériences concrètes…
Chaque micro-expérience réduit le flou et fait avancer.
C’est exactement ce que je mets en place dans mes accompagnements :
un cadre structuré, mais non pressurisant, où l’ado peut avancer sans se sentir piégé par une décision prématurée.
Quand faut-il s’inquiéter réellement ?
Parfois, le « je ne sais pas » peut cacher autre chose.
Il devient préoccupant quand il s’accompagne :
d’un désengagement global
d’une perte d’estime de soi marquée
d’un repli durable
d’un discours très dévalorisant
Dans ces cas-là, il ne s’agit plus seulement d’orientation, mais de bien-être global.
Et il est alors essentiel de ne pas rester seul.
Conclusion : “je ne sais pas” est souvent le point de départ
Finalement, un ado qui dit « je ne sais pas » n’est pas en panne.
Il est souvent au début du processus.
Ce qui fait la différence, ce n’est pas la rapidité avec laquelle une idée apparaît,
mais la qualité du cadre relationnel dans lequel elle peut émerger.
Quand la pression baisse, quand le regard parental s’apaise, quand l’ado se sent autorisé à explorer (sans décider tout de suite), alors le « je ne sais pas » se transforme progressivement en « j’ai envie de comprendre », puis en « j’aimerais essayer ».
Et c’est là que le cheminement de l’orientation opère.
Espace Impulsion
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À travers des ateliers, des échanges, et des questions dynamisantes, Espace Impulsion, guide les jeunes adultes à déceler leurs talents, comprendre leurs clés de motivation, découvrir les liens avec leurs valeurs profondes, et ainsi leur permet d’appréhender positivement et plus sereinement leurs choix d’orientation en les menant dans l’action.
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